L’eau c’est l’or bleu !

Sans eau il n’y a pas de vie.
Faunes et flores aquatiques ne peuvent vivre sans une eau de qualité et en quantité suffisante.La qualité de l’eau aujourd’hui dans l’Eure, c’est le constat suivant :
- Certaines espèces sont interdites à la consommation sur l’Eure.
- La consommation des poissons est interdite sur la Seine par Arrêté Préfectoral.
- Le seuil de crise du niveau de l’Iton (1,7 m3/s à Normanville) est atteint dès le mois d’avril et le seuil d’alerte (2 m3/s) ne disparait qu’un mois ou deux dans l’année maintenant. Les pollutions ne peuvent plus s’évacuer. Saturé de nitrates (algues noires) le fond de la rivière n’accueille plus que des gammares (crevettes d’eau douce) consommateurs de déchets organiques. La diversité des invertébrés est de plus en plus réduite.
- L’eau de l’Avre est pompée exagérément par l’agriculture et par les Eaux de Paris. Selon les pouvoirs publics il est normal que cette rivière soit à sec.
- Cette magnifique rivière va rapidement être transformée en piste cyclable si rien ne change.
- Sur l’Iton également, les stations de pompage (agricoles, des communes) se multiplient et l’eau n’est pas restituée à la rivière.
- En matière de qualité d’eau la France est condamnée par Bruxelles chaque année à hauteur de centaines de millions d’euros pour non respect des normes européennes. Elle est d’ailleurs le cancre de l’Europe. Pour information voici un extrait d’un article de 2007 et qui est toujours d’actualité.
7 mai 2007 : Source Reuters BRUXELLES (Reuters) – La Commission européenne a sommé jeudi la France de respecter la législation sur le traitement des eaux usées, notamment de Paris, sous peine d’être soumise à de lourdes amendes par la Cour de justice de l’UE.
Quelques heures après avoir été condamnée par les juges de Luxembourg pour violation des normes de qualité des eaux dans trois départements ruraux, la France s’est retrouvée dans le collimateur de l’exécutif européen pour une autre affaire.
« Les eaux urbaines résiduaires non traitées constituent un risque pour les citoyens européens et nuisent à la qualité environnementale des rivières, des lacs et des eaux côtières d’Europe », a dit Stavros Dimas, commissaire à l’Environnement.
Ce dernier a donc envoyé un « dernier avertissement » à la France, faute de quoi il demandera à la Cour de lui infliger des amendes assorties d’astreintes par jour de violation des règles.
Une législation européenne datant de 1991 oblige les grandes villes à collecter et à traiter leurs eaux usées, qui peuvent être contaminées par des bactéries et des virus dangereux.
Ces eaux contiennent également des nutriments tels que l’azote et le phosphore, susceptibles de nuire aux réserves d’eau douce et au milieu marin en favorisant la prolifération d’algues qui étouffent les autres formes de vie.
La date-butoir pour la mise en service des stations de traitement était le 31 décembre 2000.
INACCEPTABLE
Les eaux résiduaires (après passage par ces stations) rejetées dans les cours d’eau doivent subir un traitement « biologique ». De plus, si le cours d’eau est ‘sensible’, l’azote et le phosphore doivent aussi être au préable éliminés.
La France avait déjà été condamnée en 2004 par la Cour de justice de l’Union pour non respect de la directive: onze zones sensibles n’avaient pas été classées comme telles et plusieurs installations de traitement qui rejettent leurs eaux résiduaires dans ces zones n’étaient pas aux normes.
En outre, 121 localités rejetaient illégalement leurs eaux résiduaires dans des zones déclarées comme sensibles.
La France a partiellement corrigé la situation en désignant les onze zones sensibles, mais 140 localités, dont Paris, continuent à y déverser leurs eaux résiduaires.
DÉPLORABLE
Pour contourner l’arrêt de la Cour sur les 121 localités en infraction, les autorités françaises les ont redécoupées en 164 zones afin qu’elles n’atteignent plus le seuil de 10.000 habitants à partir duquel les règles s’appliquent.
La Commission juge cette réorganisation « inacceptable », de même que le plan transmis par la France pour équiper certaines localités d’installations de traitement en 2011 seulement, soit 12 ans après la date-butoir fixée par la directive.
La Commission juge ce retard déplorable et demande instamment à la France de construire, dans les plus brefs délais, des installations de traitement des eaux résiduaires dans toutes les localités concernées.
Et pourtant, aucune mesure en faveur de la protection de quelque espèce de poisson n’a été prise. Les atteintes à l’environnement, elles, se succèdent sans que les pollueurs ne soient poursuivis.
« S’il n’y a plus de poissons dans la rivière, il n’y aura qu’à en remettre » dixit le directeur d’une administration régionale. La priorité des pouvoirs publics est claire. L’eau est d’abord pour les hommes. Les rivières n’étant que des tuyaux pour évacuer les déchets de l’activité humaine.
Autres ‘effets de bord’ des niveaux bas :
les cygnes et les canards se gavent de caviars de truites et d’ombres. Les herbiers n’ont plus le temps de pousser car ils sont consommés au fur et à mesure.
Aux pêcheurs qui se plaignent du faible niveau d’eau, je leur répondrai que la seule façon d’intervenir sur les changements climatiques c’est de préserver l’environnement. Et que chacun s’y mette.
Les pêcheurs doivent prendre conscience que nous devons regrouper nos forces pour d’abord protéger l’eau et les espèces sauvages afin que nos enfants ne s’imaginent plus que les rivières naissent dans les égoûts.
Cela signifie sans doute un engagement plus important dans l’entretien des rivières, dans leur nettoyage et la protection des frayères. Il nous faut donner du temps pour rendre à la rivière ce qu’elle nous donne à l’image de ce qu’ont fait les chasseurs depuis plusieurs années et qui leur permet aujourd’hui d’être des interlocuteurs pris au sérieux par les pouvoirs publics, ce qui n’est pas le cas des pêcheurs sauf dans certaines régions avant gardistes (Finistère, Lozère).